

Volts phases
Quand l’énergie devient lumière, et l’industrie matière à création.
Au cœur de la vallée d’Ossau, là où les eaux s’élancent des cimes pour nourrir les machines, une autre forme de courant circule : celui de l’inspiration.
Volts Phases est une série photographique née d’une immersion dans les entrailles vibrantes de l’hydroélectricité ossaloise.
En 2015, la SHEM (Société Hydroélectrique du Midi) a ouvert les portes de ses installations à quatre artistes, leur offrant un terrain de jeu inattendu, fait de béton, de métal et de mémoire.
Christine Drouillard, Éric Flabeau, Bob Loyola et Valérie Perlein ont arpenté les galeries, écouté les turbines, scruté les reflets sur les conduites forcées. De cette exploration est née une œuvre collective, où chaque regard capte une pulsation différente du paysage industriel. La photographie, la peinture, le dessin et la sculpture se font écho pour révéler la beauté cachée des infrastructures, leur poésie fonctionnelle, leur puissance silencieuse.
Mon approche est intuitive, presque chorégraphique. J'arpente les installations hydroélectriques comme on explore un territoire intérieur, attentive aux rythmes, aux silences, aux respirations mécaniques. Chaque cliché devient une trace, une empreinte de ce dialogue entre matière et énergie. Je ne photographie pas les machines comme des objets techniques, mais comme des corps vivants, porteurs d’histoire et de puissance.
Mais au-delà de l’esthétique, ma démarche est aussi une forme d’écoute. Je m’imprègne des lieux, interroge leur fonction, leur mémoire, leur rapport au vivant.
Volts Phases est pour moi une manière de réconcilier deux mondes souvent opposés — celui de la technique et celui de la sensibilité. En posant mon regard sur les installations de la SHEM, je tente d'offrir une vision singulière, à la fois documentaire et poétique, où chaque image devient un fragment d’énergie, une phase de volt émotionnel.