

Traits d'Union
Photographier la ligne d’horizon, c’est capturer l’instant où le ciel effleure la terre — ce murmure silencieux entre deux immensités. Photographier la ligne d’horizon, pour moi, ce n’est pas simplement cadrer un paysage. C’est une manière de me situer dans le monde. C’est là que je pose mon regard, là que je tends mon objectif : vers ce trait d’union fragile, ce fil tendu entre le visible et l’infini. L’horizon n’est pas une limite, c’est une promesse. Il me parle de l’ailleurs, du possible, du souffle du monde. Il est le lieu où les éléments se rencontrent sans jamais se confondre, où la lumière danse sur les contours du silence. Quand je l’observe à travers mon objectif, je ne cherche pas à capturer ce que je vois, mais ce que je ressens. L’horizon est mon point de respiration. Il me recentre, me relie. Il est ce fil invisible qui relie mes pensées à l’espace, mes émotions à la lumière.
J'écoute ce que le monde murmure à cet endroit précis — là où tout semble suspendu, ouvert, possible. Il y a dans cette démarche quelque chose de méditatif. Je prends le temps. Je laisse le vent me parler, la lumière m’effleurer, les nuages me guider. Et parfois, dans le silence d’un déclenchement, je me sens à ma place. Juste là, entre ciel et terre.